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Soulèvement pour la Terre




Depuis une semaine, des représentantEs de peuples originaires de tout le brésil se sont réuniEs à Brasilia pour manifester contre le projet de loi 490 qui présage de nouveaux massacres, destruction de forêts, génocides...


Ce projet de loi vise à entraver la protection de territoires autochtones, sous prétexte qu'ils freinent le progrès. Il va faciliter l’accès pour des multinationales du domaine de la minération, de l’industrie agroalimentaire, de l’exploitation du bois, à des terres protégées. L’utilisation d’armes à feu et d’inscendies contre les autochtones est une pratique répendue.


Comme de nombreux pays dont les frontières ont été définies par des invasions, le brésil est une invention coloniale. Il existe sur ce territoire plus de 305 peuples natifs qui préfèrent l'appellation d'autochtones (indígenas)1 ou de peuples originaires (povos originarios) à des mots comme « amérindien ». Le mot « indien » renvoie directement à Christophe Colomb qui croyait arriver en Inde, lors de l’occupation de l’Amérique du Sud. La lutte pour la reconnaissance et la protection des territoires autochtones dure depuis plus de 500 ans. Avec le projet de loi 490 c’est une nouvelle attaque qui est faite et qui concerne le monde entier pour la défense de la vie et de la biodiversité.



Pour comprendre ce projet de loi, en voici quelques points importants :


1) Appliquer « la marque temporelle » qui décrète que pour qu'un territoire soit reconnu comme autochtone et protégé, ses habitantEs doivent prouver matériellement leur présence en 1988. Or, les personnes qui possèdent les titres de propriétés sont essentiellement des colons et les violences perpétrées contre les populations autochtones les ont souvent obligées à quitter leurs terres.


2) Certaines populations autochtones vivent dans des villes ou des villages, d'autres dans des forêts. Parmi ces personnes, près de 100 peuples originaires font le choix de vivre isolés, coupés de tout contact avec la société capitaliste. Ces groupes isolés sont particulièrement vulnérables aux infections et aux épidémies. Le PL 490 prévoit d'annuler la protection dont bénéficient ces groupes, déterminant que « dans le cas des autochtones isolés, il revient à l'Etat et à la société civile l'absolu respect à leurs libertés et leurs modes de vie traditionnels, évitantle contact au maximum, à part pour apporter une aide médicale ou par l'intermède d'une action étatique d'utilité publique ». Et c'est derrière cette dernière expression « d'utilité publique » que se cache la possibilité d'envahir ces territoires.


3) Le projet de loi élimine la consultation préalable des communautés autochtones avant l'implantation de systèmes hydroélectriques, de routes, d'exploitations minières, dès lors qu'elle soit d'« intérêt public ».


EDIT 02/07 : Pour l’instant, le jugement de la «marque temporelle» est reporté au mois d’Août 2021. Pour contester cette loi, les communautés autochtones appellent à soutenir leur mouvement.


Pour soutenir, il est important de s’informer, d’aider à diffuser l’information et de faire des dons.



L'idée de « la marque temporelle » va être débattue au sénat ce mercredi 30 juin. Pour contester cette loi, les communautés autochtones appellent à manifester et à soutenir leur mouvement. Un soutien financier peut être fait à travers ce lien, afin de permettre aux groupes qui se trouvent à Brasilia de continuer leur lutte.

1En résumé, les peuples autochtones sont « des peuples et nations qui présentent une continuité historique avec les sociétés précédant la conquête et la colonisation de leurs territoires, qui se considèrent comme distincts des autres secteurs de la société dominant aujourd’hui ces territoires ou qui en sont partie. Ils constituent, aujourd’hui, des secteurs non dominants de la société et sont déterminés à préserver, développer et transmettre aux générations futures leurs territoires ancestraux et leur identité ethnique, sur la base de leur existence continue en tant que peuple, en accord avec leurs propres systèmes culturels, leurs systèmes légaux et leurs institutions sociales ». (COBO Martinez José R., 1987, Estudio del problema de la discriminación contra las poblaciones indígenas, en VOLUMEN V, CONCLUSIONES, PROPUESTAS Y RECOMENDACIONES, Naciones Unidas, Nueva York, p.30)