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Un petit espoir...


En marchant dans les couloirs vides et froids, j'étais triste car je visualisais la souffrance des détenues, mais j'étais aussi heureuse car ils n’étaient plus présents. C'était comme dans mes rêves d’enfance, les prisonniers s’enfuyaient, les prisons restaient vides. C'est sans doute à cause de ma propre histoire que je rêvais de cela.


Quand j'ai vu les objets laissés par les prisonniers sur leur chemin, j'ai réalisé que la prison n'était pas aussi vide, il restait leurs souvenirs. Ces petits objets présents dans notre vie quotidienne, auxquels nous n’apportons souvent pas d’importance, ont au contraire une grande valeur dans une prison car les objets agissent comme un pont entre le prisonnier et la vie sociale. Les rêves et les souvenirs leur donnent une autre signification.


Les prisons de région où je suis née sont devenues le deuxième lieu de vie des Kurdes. Pour nous, les prisons sont comme des écoles où vivent des révolutionnaires, c'est-à-dire des gens honorables qui soutiennent la liberté du peuple kurde. Dans mon pays, les gens sont condamnés pendant des années, à cause de leur identité et de leur appartenance. Les prisons ne sont pas toujours remplies de personnes qui méritent d’y être. Les prisons sont considérées comme un lieu de résistance.